Point de vue de Talsom

Talsom se prononce : La pénurie de main d’oeuvre

Au cours des deux prochaines décennies, le rythme et l’impact des évolutions technologiques devraient s’intensifier, transformant et améliorant les expériences, les capacités humaines et offrant la possibilité de relever des défis tels que le vieillissement, le changement climatique et la faible croissance de la productivité, tout en créant par ailleurs de nouvelles tensions et perturbations au sein des sociétés, des industries et des États. Face à la pénurie de main-d’œuvre qui touche chacune de nos entreprises, la technologie est-elle la réponse ?

Selon le National Intelligence Council, à savoir le cerveau prospectif de la CIA, la concurrence mondiale pour acquérir les atouts de la suprématie technologique devrait monter en puissance : les talents, les compétences et les marchés. Cela donnera naissance à de nouveaux leaders et hégémonies technologiques. Et si la course à la domination technologique est inextricablement liée à l’évolution de la géopolitique et à la rivalité générale entre la Chine et les États-Unis, l’avantage technologique se verra accru par les entreprises qui bénéficient de ressources, d’une vision à long terme et d’un rayonnement international. Les technologies et applications dérivées seront adoptées rapidement, et les pays en développement pourront profiter des dernières avancées, concevoir des applications mondiales dans des domaines niches, et contribuer à la chaine de distribution globale.

L’intelligence artificielle au cœur du changement

Bien que la technologie progresse de manière imprévisible, marquée par des difficultés inattendues et des percés imprévues, certains domaines technologiques semblent offrir le potentiel nécessaire aux changements en profondeur et peuvent fournir des exemples de conséquences potentielles des nouvelles technologies dans les décennies à venir. À titre d’exemple, on le sait, l’intelligence artificielle (IA) va transformer presque toutes les industries et perturber la main-d’œuvre mondiale, en créant de nouveaux domaines d’emploi, et en en éliminant d’autres, entraînant ainsi d’importantes redistributions écologiques et sociales. Pour exploiter les avantages de l’IA tout en atténuant le chômage, les pays et les entreprises devront se concentrer sur l’éducation et le recyclage de leur main-d’œuvre. Le marché de l’emploi évoluera avec les nouvelles technologies, notamment l’automatisation, les outils de collaboration en ligne, l’intelligence artificielle et la fabrication additive (aussi appelée « impression 3D »).

À titre d’exemple, les tâches qui semblaient autrefois pouvoir n’être effectuées que par des compétences humaines, comme la conduite d’une voiture ou le diagnostic d’une maladie, sont déjà automatisées ou susceptibles de l’être au cours de la prochaine décennie. Toujours selon le Nation Intelligence Council, l’automatisation pourrait éliminer 9% des emplois existants et en modifier radicalement environ un tiers au cours des quinze à vingt prochaines années. Les technologies émergentes créeront également des emplois et permettront une plus grande mobilité virtuelle de la main d’œuvre grâce à Internet qui met en relation clients et prestataires de services indépendants, et qui transmet données et logiciels commerciaux à la vitesse de la lumière.

Dans l’accompagnement que nous faisons chez Talsom auprès de nos clients, identifier les compétences de demain, se poser la question à savoir si les compétences clés organisationnelles classiques au sein de son entreprise sont encore pertinentes dans ce contexte d’évolution à venir est une façon de conjuguer son présent avec son avenir. Prendre une pause le temps d’observer si sa vision et ses pratiques de développement de compétences s’inscrivent encore dans une stratégie de gestion de talents consolidée et alignée sur ce qui s’en vient comme réalité, repenser les parcours d’apprentissage en fonction des besoins de demain, sont autant d’actions que nous considérons dès maintenant pour une entreprise afin de réhausser les compétences de ses talents clés.

Création et destruction d’emplois

La démographie, en particulier le vieillissement des populations, accélèrera l’automatisation, même si l’âge de la retraite s’élève. La plupart des plus grandes économies actuelles verront leur main-d’œuvre diminuer au cours des deux prochaines décennies en raison du départ à la retraite des travailleurs âgés. La Coré du Sud devrait perdre 23% de sa population en âge de travailler (15-64 ans), le Japon 19%, l’Europe du Sud 17%, l’Allemagne 13% et la Chine 11% au cours de cette période, si l’âge de la retraite reste inchangé. L’automatisation – robots industriels traditionnels et automatisation des tâches par l’intelligence artificielle – pendra rapidement une place encore plus importante, puisque les entreprises devront remplacer leur main -d’œuvre vieillissante dans ces économies.

Le nombre d’emplois créés par les nouvelles technologies devrait dépasser celui des emplois détruits au cours des vingt prochaines années, si l’on en juge par les épisodes passés. Une étude du Forum économique mondial estime que, d’ici à 2025, l’automatisation aura créé 97 millions de nouveaux emplois et déplacé 85 millions d’emplois existants. Plusieurs facteurs – les compétences, la flexibilité, la démographie, les salaires de base, la part des emplois susceptibles d’être automatisés et l’accès à l’éducation permanente – détermineront la capacité d’adaptation de chaque pays à l’automatisation. Par exemple, à des niveaux d’automatisation comparables, les pays dont le nombre de personnes en âge de travailler augmente connaitront davantage de bouleversements dans le secteur de l’emploi ou de pressions sur les salaires que les pays dont la population est plus âgée.

L’automatisation touchera une part croissance de la main-d’œuvre. Si au cours des deux dernières décennies, elle a surtout remplacé des professions moyennement qualifiées, comme les opérateurs de machines, les ouvriers métallurgistes et les employés de bureau, l’automatisation touchera désormais des professions à hauts revenus : médecins, avocats, ingénieur et professeurs d’université. Bien que de nouveaux emplois apparaissent, une inadéquation des compétences entre les emplois perdus et les emplois créés va apparaitre. Cette inadéquation pourrait prolonger la période de chômage pour de nombreux travailleurs qui tentent d’acquérir les compétences requises pour les emplois nouvellement créés. Elle pourrait également fausser la répartition des gains. Les économies plus jeunes seront plus dynamiques si elles pourvoient à l’éducation et à la formation des nouveaux arrivants sur le marché du travail.

Vous êtes-vous posé la question à savoir si vos employés, ou ceux à venir, se reconnaîtront encore dans votre « qui sommes-nous ? » et dans le « comment faisons-nous les choses ? » face à l’automatisation des emplois et au déplacement des autres ? Choisir une organisation, une carrière et un rôle sont des décisions que les employés font sur la base de votre marque employeur et ultimement, votre identité organisationnelle. La transition vers l’automatisation du travail va donc au-delà d’un simple changement de sémantique lorsqu’on considère les faits : repères, valeurs, standards, et tout autres éléments distinctifs de votre organisation se voient transformés. Vous donner une chance de repenser l’expérience employé offerte dans ce genre de contexte pour que leur travail ait du sens, pour que ce sens soit une source de performance et de bien-être pour les employés, les équipes et l’organisation au grand complet, au travers la redéfinition du travail de demain est un exercice à entreprendre plus tôt que tard. Nous utilisons chez Talsom un modèle que nous avons développé au travers l’interdépendance de sept dimensions qui assurent non seulement une conception cohérente de votre futur organisationnel, mais aussi qui favorise un processus de création de sens mobilisant.

Restructurer ses environnements et redéfinir le leadership

Le rythme et les effets des développements technologiques s’accélèrent et transforment les expériences et les capacités humaines tout en créant de nouvelles tensions et perturbations pour tous les acteurs. Des outils de recrutement IA à l’automatisation industrielle et aux assistants robotiques, les nouvelles technologies numériques transforment le lieu de travail moderne. Beaucoup de ces systèmes promettent d’améliorer l’efficacité, la productivité et le bien-être, mais comment affectent-ils réellement les personnes qui interagissent avec eux au quotidien ? Un nombre croissant de recherches ont commencé à explorer les manières nuancées dont la technologie influence le lieu de travail et la main-d’œuvre, mettant en lumière à la fois ses nombreux avantages et ses risques substantiels.

Au-delà du simple suivi par des outils numériques, les employés sont également de plus en plus susceptibles de travailler avec, de se faire conseiller, voire d’être pilotés par un système automatisé. Au niveau individuel, la recherche a identifié un certain nombre de facteurs qui peuvent influencer la façon dont les gens réagissent à leurs nouveaux collègues robotiques. Les chercheurs ont constaté que les gens réagissent beaucoup plus positivement lorsqu’un outil est présenté de manière authentique, et en particulier, lorsque ses origines humaines sont mises en avant. On assiste à un phénomène de redéfinition complexe du mode de travail et de modèle organisationnel. La stratégie en tant qu’employeur faisant partie intégrante de la stratégie de réussite, la redéfinition de l’expérience employé ne doit pas être laissée au hasard. Les leaders de demain conçoivent aujourd’hui l’avenir organisationnel qui leur permettra de prospérer et mettre pleinement à profit les nouvelles opportunités amenées par les changements vécus collectivement. Nous (Talsom) pensons qu’il y a un écart considérable entre « avoir technologiquement ce qu’il faut pour travailler » et « être habileté avec les outils et façons de faire permettant de travailler et produire à son meilleur ». Un continuum important dans lequel les entreprises doivent s’inscrire, amenant à revoir, redéfinir ou repenser le leadership en leur sein. Du gestionnaire intermédiaire au président(e) d’organisation, le type de leadership ainsi que les besoins des employés face à leurs gestionnaires connaissent un bouleversement profond. Savoir comment connecter avec son équipe lorsque les membres sont dispersés physiquement, laisser place à l’autonomie tout en garantissant les standards de performance, sont autant de types de leadership dont l’entreprise a besoin pour faciliter le succès de tous dans une perspective d’évolution du travail au travers l’évolution des technologies.

En conclusion

On le voit, le ralentissement de la croissance démographique mondiale et l’augmentation de l’âge médian aideront certaines économies en développement, mais le vieillissement rapide et la contraction des populations pèseront sur de nombreuses économies développées. Les décennies de progrès dans l’éducation, la santé et la réduction de la pauvreté seront difficiles à exploiter, voire à maintenir. Les changements démographiques et les intérêts économiques devraient accroitre la pression migratoire en provenance des pays en développement. Au-delà de la nécessaire transformation numérique de nos entreprises, le « design organisationnel » devra aussi faire partie de l’équation de la croissance à venir. L’important à partir de maintenant pour nos entreprises, sera de donner un sens à leur transformation, à leur évolution, en tenant compte certes de leur rentabilité, mais aussi de l’humain et de l’environnement qui lui sont intimement liés. C’est ce que nous faisons quotidiennement chez Talsom pour nos clients.

Publié le 17.11.2022