Dernière mise à jour le février 24, 2026
À Montréal, la crise de l’itinérance s’aggrave, tandis que la conjoncture économique complique la mobilisation des donateurs. Pour les organismes communautaires, répondre à des besoins croissants tout en assurant la pérennité de leur financement est un défi quotidien.
La Maison du Père et sa Fondation vont bien au‑delà de l’hébergement d’urgence : elles accompagnent les personnes en situation d’itinérance dans leur réinsertion et leur santé physique et mentale. Dans ce contexte, renforcer la relation avec les donateurs devient un levier stratégique pour soutenir leur mission.
Talsom a choisi de s’engager aux côtés de la Fondation de la Maison du Père pour la 8ᵉ édition du JAM, une initiative pro bono de Design Thinking. Cette édition marquait le test d’un nouveau format, plus agile et plus compact, conçu pour accélérer le passage de la réflexion à l’action.
Dans le cadre de ce mandat, nous avons exploré une question centrale : comment augmenter les dons de la Fondation en améliorant la rétention et l’engagement des donateurs, tout en exploitant le potentiel de l’intelligence artificielle ?
Comprendre les donateurs pour mieux agir
Pour bien répondre à cette question, Lida Aman, Conseillère principale au sein du studio Design, et Nicolas Maes, Conseiller principal en stratégie technologique chez Talsom, ont collaboré étroitement avec l’équipe de la Fondation. Cette collaboration a débuté par des ateliers d’empathie, qui ont permis de cartographier et de consolider la compréhension des profils de donateurs, afin de mieux cerner leurs défis prioritaires.
Trois profils se sont alors dégagés :
- Mme Victoria Desmarais, grande donatrice, cherche une relation personnalisée et des preuves concrètes de l’effet de son engagement.
- François, donateur intermédiaire, souhaite mobiliser son réseau, mais lui manquent des outils simples pour passer à l’action.
- Groupe Arthur Immobilier, donateur corporatif, veut impliquer ses équipes dans des projets porteurs de sens, au-delà d’une logique strictement transactionnelle.
Ce travail a permis de centraliser des connaissances jusque-là dispersées et d’apporter un nouveau regard sur les pratiques existantes. Pour Samuel Cardinal, Agent de communications à la Fondation de la Maison du Père :
« Ça nous sort un peu de notre bulle. La collaboration avec une entreprise comme Talsom nous permet d’avancer et nous donne un véritable pouvoir d’agir. »
De l’empathie à l’action : quand les idées prennent forme
Les constats de la phase d’empathie ont servi de tremplin pour l’atelier d’idéation du 20 janvier, rassemblant les équipes de la Fondation, de l’organisme la Maison du Père et de Talsom. Cet atelier a permis de mobiliser l’intelligence collective des différentes parties prenantes afin de concevoir des solutions innovantes aux défis identifiés lors de la phase d’empathie, en mettant particulièrement l’accent sur des idées intégrant l’intelligence artificielle.
L’atelier a stimulé la créativité grâce à des présentations visuelles et interactives. Pour Lizette Flores, Directrice générale de Fondation de la Maison du Père :
« Nous nous sommes demandé ce que les donateurs attendent de nous et comment y répondre. Il ne s’agit pas seulement de collecter des fonds, mais de favoriser leur participation et leur engagement. »
Lida Aman ajoute :
« L’atelier d’idéation a mis en valeur l’intelligence collective des différentes parties prenantes, qui ont apporté des perspectives variées : la compréhension des donateurs et l’expertise technologique. Cette diversité a permis de faire émerger des solutions à la fois créatives et ancrées dans la réalité. »
Six concepts prometteurs ont émergé, dont trois intégrant l’intelligence artificielle. Parmi eux, Chat MDP, un chatbot centralisant l’information et accompagnant les donateurs, et l’avatar relationnel personnalisé, humanisant la communication numérique grâce à des interactions personnalisées et engageantes.
Du post-it au prototype : Donair, l’innovation au service des donateurs
Parmi les idées issues de la phase d’idéation, une solution d’intelligence artificielle a été retenue pour un enjeu précis : identifier et mobiliser de nouveaux grands donateurs à fort potentiel, en analysant à la fois des données internes et des signaux publics pertinents. Pour tester et prototyper cette idée, Talsom est intervenu en tant que commanditaire du ConUHacks, le plus grand hackathon universitaire au Québec, organisé par HackConcordia et célébrant ses dix ans en 2026.
L’événement, qui se déroule sur 24 heures à l’Université Concordia à Montréal, réunit des centaines d’étudiants passionnés pour transformer des concepts en projets fonctionnels, avec le soutien de mentors sur place.
C’est dans ce cadre que Donair a été conçue et prototypée par l’équipe gagnante, composée d’Afaq Virk, Thomas Lenh et Cindy Cheng. En seulement 24 heures, cette solution d’intelligence artificielle a démontré sa capacité à identifier des donateurs potentiels, à évaluer leur affinité avec la mission de la Fondation et à transformer ces informations en pistes d’action concrètes.
En analysant des signaux publics comme les distinctions professionnelles, les nominations ou les mentions médiatiques, Donair permet à la Fondation de prioriser ses efforts et d’intervenir au moment opportun, sans alourdir ses opérations.
Pour Nicolas Maes, le hackathon a montré que le projet était autant pertinent que réaliste :
« Le hackathon a permis de tester rapidement la solidité des idées proposées. En tant que juges, aux côtés de l’équipe de la Maison du Père, nous avons porté une attention particulière à la faisabilité, à la valeur réelle pour la Fondation et à l’adéquation avec les contraintes du terrain. »
Au-delà de la technologie : l’impact avant tout
Le projet a montré que la technologie, au service d’une cause humaine, n’est pas une fin mais un outil puissant. Pour la Maison du Père, il a apporté plus qu’un prototype : structure, partage de connaissances et esprit d’équipe renforcé. Le travail ne s’arrête pas là ; l’étape suivante consiste à transformer Donair en un MVP opérationnel, puis à développer la solution pour qu’elle devienne un outil concret et pleinement intégré au quotidien de la Fondation.
Cette collaboration montre que l’innovation peut produire un impact concret. En combinant technologie et action sociale, elle renforce l’efficacité tout en inspirant l’espoir.
Pour Olivier Laquinte, PDG de Talsom :
« L’innovation prend tout son sens lorsqu’elle soutient la mission de la Maison du Père : elle nous aide à mieux accompagner les personnes en situation d’itinérance et à maximiser l’impact de chaque action. »