Les défis de croissance des PME québécoises: rencontre entre croissance et traditions

Dans la série de nos activités à C2 Montréal, nous nous sommes tournés vers nos startup et PME québécoises en s’intéressant aux enjeux rencontrés dans le cadre de leur croissance. Pour animer cet échange, Talsom a fait appel à son partenaire Adrenalys représenté par Dominic Deneault, président et fondateur du groupe.

Entouré de membres exécutifs d’entreprises, Dominic nous a ainsi rapprochés des défis de croissance auxquels font face les organisations lorsqu’elles vivent une croissance importante, dans un monde où l’offre et la demande se renouvellent constamment.

# Le passage au numérique des entreprises
Marc Leblanc, Directeur Finances & Administration dans le domaine de l’agroalimentaire nous fait part des enjeux quant au passage au numérique chez Synagri :

« Nous parlons d’outils informatiques. Nous sommes au point où il faut remettre en question tout ce que nous avons pour pouvoir mieux opérer et étant donné que nous sommes très dispersés au Québec, il est difficile de pouvoir former tous les utilisateurs de systèmes. Il faut aller vers la robotisation et la capacité logistiques, mais ça prend du temps et de l’argent. C’est pour cela que l’on fait appel à des consultants comme Talsom. »

# Une concurrence d’envergure
Un de nos invités sur le balcon souligne la complexité de se différencier dans un marché de plus en plus compétitif :

 « Nous vivons aujourd’hui la transformation que la mode a vécue il y a une quinzaine d’années, avec des joueurs internationaux qui n’avaient pas d’importance pour nous mais qui trouvent leur place auprès des consommateurs maintenant. Des joueurs américains et mondiaux, par exemple Wayfare où un consommateur peut faire son pré-shopping et même se faire livrer. C’est devenu plus complexe. »

En effet, l’arrivée de concurrents internationaux depuis plusieurs années force les entreprises québécoises à s’adapter à l’offre et aux coûts avec une législation souvent plus exigeante. En grandissant, une entreprise se trouve souvent face à des concurrents imposants de par leur taille et leurs activités. Ceci nous amène alors vers un autre enjeu majeur.

# Des consommateurs de plus en plus variés et exigeants
L’évolution du paysage publicitaire et marketing amène à une diversification des pratiques d’achat et des catégories de clientèle.

« Avant nous faisions la même campagne de publicité pour tout le monde, peu importe la province alors que maintenant nous en faisons une pour Montréal et une autre pour Ottawa. Nous faisions également notre stratégie de marketing sur un an mais désormais nous nous remettons en question à chaque fin de campagne. Nous évoluons et nous voyons ce que nous pouvons faire de mieux au fur et à mesure. »

Martin Bourrassa, Vice-Président en Architecture Stratégique chez Talsom, observe quant à lui un changement au niveau des besoins des clients :

« Jusqu’à récemment les entreprises me parlaient plus de back office, de système ERP et de processus d’affaires, mais le langage a changé. Maintenant, on me parle de front office, de e-commande, B2B, de modèle CRM et d’optimisation des ventes. Chez Talsom, nous avons une offre qui plait beaucoup aux clients : le customer journey, où les clients peuvent voir quels sont les points de contacts, supportés par quel système, quels processus et comment les améliorer. »

Les entreprises ressentent le besoin de se munir des meilleurs systèmes T.I pour que leurs consommateurs soient satisfaits de leur service qu’elles ne soient pas évincées par les entreprises qui feront leur transformation numérique avec elles. Les critères des clients deviennent aussi essentiels que ceux des employés pour l’utilisation d’un système technologique.

# Un besoin d’accompagnement pour les changements organisationnels
La croissance d’une entreprise entraîne beaucoup de changement certes, mais si ces points ne sont pas adressés par les dirigeants et les gestionnaires aux employés, ces derniers risquent de se sentir exclus et non engagés dans la transformation.

Comme le mentionne Louis Guindon, CEO de GLV, entreprise spécialisée dans les équipements utilisés à diverses étapes de la production de pâtes et papiers:

« Nous avons toujours le devoir d’être avant-gardistes. Mais le changement est important, nous avons besoin d’accompagnement pour gérer le changement. Il est essentiel d’inclure toutes les générations dans ces changements et de prendre soin des anciennes générations parce que l’innovation peut parfois déstabiliser. »

Alors que doivent faire les entreprises pour mener ces défis de front?

# Être préparé aux changements occasionnés
Pour François Boucher, Vice-président exécutif de Kinova dans le domaine de la chirurgie robotique, anticiper tout ce que la croissance apporte à l’intérieur même de l’entreprise est essentiel:

« Il y a beaucoup de challenges, de capitaux et de changements. La carapace est super belle mais dedans, ce n’est pas toujours aussi fonctionnel qu’on le voudrait. Il faut opérationnaliser le modèle d’affaires pour faire passer l’entreprise à un niveau supérieur. Je pense que le secret est de s’y prendre en avance pour croître de la meilleure façon possible. »

Cette anticipation passe aussi par une transformation numérique réussie grâce à une évaluation des besoins et des objectifs organisationnels. Puis, comme mentionné plus haut, il est essentiel d’accompagner le changement pour réussir sa croissance.

# Encourager l’échange pour favoriser l’innovation
Dominic Deneault  insiste aussi sur le fait que les industries ont tendance à se regrouper entre elles, ce qui entraine un risque d’enfermement dans un mode de pensée unique:

« Les industries dans les mêmes secteurs ont tendance à aller aux mêmes conférences et lire les mêmes choses que les autres. Cela développe une consanguinité qui peut bloquer l’innovation. ».

 Il ajoute que l’apprentissage à partir du vécu d’autres types de secteurs peut avoir un réel impact positif pour tous :

« Pouvoir échanger avec les pairs et partager des recettes à succès est essentiel. Les mises en contact qui se font entre les différents PDG, certains ayant un rayonnement planétaire apporte un partage de bonnes pratiques qui amène beaucoup de richesse à chacun. »

À propos d’Adrenalys :

À travers un regroupement d’entreprises privées Adrenalys souhaite propulser la croissance des PME québécoises à un niveau supérieur. Aujourd’hui, Talsom est fier de compter parmi les partenaires de la 2ème cohorte et de pouvoir mettre à disposition des entreprises un lot d’expertises axé sur la transformation numérique et l’innovation.

  • Si vous souhaitez consulter notre précédent article sur la place des femmes dans le secteur des T.I, cliquez-ici.

Où en sont les entreprises québécoises?

L’ère du numérique dans laquelle nous sommes se caractérise, entre autres, par la croissance exponentielle de la création de données massives. Mais bien plus qu’une multitude de chiffres, le Big Data transforme radicalement nos métiers, nos usages, nos pratiques d’entreprises ainsi que la façon dont nos clients consomment.  

L’engouement qui entoure actuellement le Big Data se reflète à travers les initiatives de plusieurs entreprises québécoises et canadiennes, à commencer par Canadian Tire. L’un des détaillants les plus achalandés du Canada figure parmi les leaders de l’industrie en termes d’implantation et d’investissements en analyse de données.  

Et pour preuve, son conseil d’administration avait approuvé il y a quelques années des dépenses de 300 millions de dollars pour investir dans des centres de données évolutifs à Winnipeg. Cet investissement va permettre à la compagnie de mieux affronter la concurrence grâce à l’exploitation du Big Data à des fins de marketing numérique. 

D’un point de vue consommateur, la chaîne d’épicerie Métro place quant à elle le Big Data comme une source de création de valeur via son application et son programme de fidélité Métro&Moi. L’algorithme utilisé permet d’analyser les comportements de consommation du détenteur de la carte et lui suggère des rabais et des coupons en fonction de ses habitudes de consommation. 

Un écosystème de recherche prometteur 
En dehors de la sphère commerciale, le Québec est aussi reconnu comme un pôle d’excellence en recherche dans le domaine du Big Data. En effet, la province compte un minimum de 2 100 spécialistes actifs dans cette technologie (concentrés à 88 % dans le Grand Montréal) et possède plusieurs pôles de recherche. Parmi ces derniers, nous retrouvons l’Institut de valorisation des données (IVADO) rassemblant près de 1000 scientifiques, l’Institut des algorithmes d’apprentissage de Montréal (MILA) ou encore le Centre de recherche en données massives de l’Université de Laval.  

L’enthousiasme entourant le Big Data amène toutefois son lot de défis pour les entreprises. En effet, une utilisation efficace des données et une bonne interprétation nécessitent de nouvelles aptitudes ainsi que l’implantation de nouvelles technologies à l’interne. Certaines expertises et changements organisationnels sont donc requis si l’entreprise veut tirer un maximum de profit de cette nouvelle technologie.  

Industrie 4.0 : imaginez le futur de votre entreprise

Les 13 et 14 septembre dernier TALSOM s’est rendu aux Journées Technologiques Nationales en Alimentaire organisées par le CTAQ (Conseil de la Transformation Alimentaire du Québec). Hauts dirigeants d’entreprises, stratèges, fournisseurs de services et d’équipements étaient réunis pour échanger sur les tendances d’une nouvelle ère manufacturière : l’Industrie 4.0.

La connectivité des données et des objets est le facteur déterminant de cette Industrie 4.0. Les connexions des logiciels, des équipements et des données massives deviennent des éléments essentiels qui permettent de créer de l’intelligence dans un système manufacturier capable d’une plus grande adaptabilité dans la production. Nous entrons dans l’ère de la 4ème révolution industrielle.

Nous nous sommes rendus sur place afin de nous mettre au parfum des nouvelles tendances technologiques de l’industrie agroalimentaire. Voici quelques informations précieuses qui vous offriront un aperçu du marché et vous guideront dans l’optimisation de votre transformation numérique. 

De l’usine traditionnelle à l’usine intelligente

Les usines intelligentes (ou smart factories) visent à optimiser le processus de fabrication. En connectant des modèles de contrôle informatique ainsi qu’une quantité massive de données, les transformateurs de produits alimentaires profiteraient d’une meilleure adaptabilité et flexibilité de leurs processus physiques et d’une allocation efficace de leurs ressources.

L’utilisation des technologies numériques ne se limite pas seulement aux procédés de transformation et de production. Elle est essentielle pour optimiser les communications entre chaque acteur de la chaine d’approvisionnement.

Par exemple, les machines de fabrication pourront communiquer entre elles pour faciliter l’efficacité de triage de différents types d’emballages alimentaires, tout en réduisant considérablement les erreurs. De même que les préférences alimentaires des consommateurs qui peuvent instantanément être incorporées dans les processus de personnalisation de masse avec rapidité et efficacité.

Les technologies du futur
Dans l’industrie agroalimentaire, les robots sont devenus indispensables pour la production et la transformation des produits. La robotisation permet d’automatiser des tâches et des processus répétitifs, généralement dangereux, basés sur des règles et des étapes précises.  Manipulation des ingrédients, triage des produits finis, détection des défauts ou encore emballage, les robots virtuels éliminent le contact humain dans la manipulation du produit. En résulte une augmentation de la productivité et des rendements ainsi qu’une réduction du gaspillage.

Grâce à l’Internet des Objets (IoT), des capteurs sensitifs peuvent directement contrôler la qualité du produit en détectant les vibrations et l’humidité.

Les applications intelligentes provenant de l’IoT et de l’Intelligence Artificielle peuvent permettre de monitorer en temps réel la productivité des lignes de production grâce à plusieurs de leurs fonctionnalités. Munis de leur application, les employés peuvent ainsi suivre en temps réel l’évolution de leur production journalière tandis que les hauts dirigeants ont la possibilité de garder un œil sur les données, que ce soit via leur ordinateur ou leur téléphone intelligent.

Si l’impression 3D en était encore à ses balbutiements il y a deux ans, elle est aujourd’hui de plus en plus sollicitée par les fabricants de produits alimentaires. La plupart des imprimantes alimentaires 3D sont des imprimantes de dépôt, ce qui signifie qu’elles déposent des couches de matières premières lors d’une procédure appelée « fabrication d’additifs ».

D’autres, plus spécifiques, utilisent des aliments comme matériaux d’impression, comme le sucre ou de chocolat. Pour les fabricants, cette innovation permettrait d’éliminer les essais onéreux lors de la conception d’un nouveau produit et d’obtenir des résultats plus précis en faisant intervenir l’imagination et la personnalisation.

Crédit photo : primante3d.com

Quels bénéfices pour les entreprises du secteur agroalimentaire ?
Grâce aux procédés technologiques que nous venons d’énoncer (il y a en a bien d’autres), un fabricant de produits agroalimentaires verrait son processus de production gagner en efficacité et en qualité, ce qui engendrerait dans un même temps une réduction de ses coûts et générerait des prix plus compétitifs face à la globalisation du marché alimentaire.

De cette prévision intelligente des ressources résultent également des bénéfices au niveau humain. En effet, les entreprises réduiraient les risques d’accidents et de blessures sur les lieux de production, tout en bénéficiant d’une meilleure implication de leurs équipes. En assignant à leurs employés des tâches qui les intéressent plus, notamment grâce aux robots, les entreprises diminueraient le taux de rétention de leur personnel.

Le Québec en retard
Comparativement à nos voisins américains qui ont entrepris le virage numérique à 76 %, les Québécois en sont à 28 %. Les entreprises manufacturières ou agroalimentaires doivent donc se moderniser en investissant davantage dans les usines intelligentes et dans la réflexion stratégique pour rester compétitives sur ce marché qui rayonne mondialement aujourd’hui.