L’innovation dans les modèles d’affaires retour sur Téo taxi

En septembre dernier Alexandre Taillefer et Jean-François Ouellet ont publié le livre Réinventer le taxi: les dessous de l’échec de Téo taxi. Dans ce livre, les auteurs relatent d’où est venue l’idée d’une entreprise de taxi basée sur l’intelligence artificielle, les voitures électriques et assurant une rémunération adéquate de ses chauffeurs. Notre directeur marketing et partenariats, Stéphane Ricoul, s’est entretenu avec les auteurs de ce livre le 28 octobre dernier dans le cadre du premier Open-mic d’une série de trois en collaboration avec La Presse.

Locomotive d’innovations: un modèle d’affaires

Le modèle de Téo taxi innovait à deux niveaux, technologique et modèle d’affaires. Plusieurs facteurs ont toutefois fait en sorte que malgré les bonnes idées, trop c’est parfois comme pas assez en termes d’innovation dans un cadre entrepreneurial.

Modèle ancré dans la technologie

L’entreprise, pensée comme une plateforme, permettait l’inclusion d’un maximum de points de contacts entre elle et le consommateur afin de le conserver le plus longtemps possible dans son écosystème, de la commande de service à l’évaluation finale du service, en passant par le paiement, la géolocalisation du consommateur ou la gestion de l’attente via celle du chauffeur et du déplacement de la voiture. Cette logique de plateforme aurait pu être poussée encore plus loin en allant jusqu’à utiliser l’application pour recenser les zones de construction, la météo, les évènements culturels ou sportifs, etc., en informer le consommateur via l’application, mais surtout, optimiser les affectations des véhicules, leurs déplacements et leur maintenance.

Ce modèle innovateur d’un point de vue technologique, était mis en œuvre grâce à la récolte et l’exploitation de données via un algorithme. Selon Alexandre Taillefer, Téo taxi ne manquait pas forcément de données, même si en avoir plus aurait aidé, mais c’est l’exploitation du potentiel de ces données qui n’était pas suffisant optimisée selon Jean-François Ouellet. Il explique que les données étaient la pierre angulaire du modèle de Téo taxi, et si l’achat de Taxi Diamond a bel et bien permis d’en recueillir une grande quantité, en revanche il n’a pas été possible d’en créer suffisamment de valeur. C’est là que Téo taxi n’a pas su capitaliser sur cet actif (la donnée), puisque les efforts étaient trop divisés sur différents paliers d’innovations. Un algorithme prédictif efficace aurait pu être la clé du succès. Il aurait permis de présenter le bon service, au bon moment, au bon endroit, à la bonne personne.

On le sait, cette exploitation de la donnée par l’algorithme est devenue aujourd’hui une nécessité pour assurer la survie des entreprises et pour permettre leur expansion. Rendu à un certain niveau de maturité, si elles ne le font pas, elles laissent la place à la compétition de prendre avantage de cette faiblesse.

Modèle disruptif

Le modèle d’affaires de Téo taxi était innovateur de façon général.

Il “disruptait” l’industrie du taxi en présentant une alternative écologique et électrique dans société où la conscience environnementale pèse de plus en plus pour le consommateur, permettant entre autres de réduire les coûts de carburant (les frais d’essence représentent environ 30 % des frais de roulement pour un taxi).

Il proposait une rémunération descente dans une initiative de nouvelle équité sociale et dans un contexte industriel d’économie de partage. Mais malgré la bonne intention de cette initiative, les réalités au niveau des taxes sur le salaire ont fait en sorte que ce n’était finalement pas intéressant à court terme pour les chauffeurs, du moins, en perception. De plus, avec le recul, le manque de gestion du changement n’a pas aidé, mais comme l’explique Alexandre Taillefer, personne ne pouvait prévoir une croissance aussi rapide de l’entreprise.

« At first we take Manhattan, then we take Berlin”

Alexandre Taillefer et Jean-François Ouellet utilisent à deux reprises dans l’Open-mic des paroles de Cohen pour illustrer les causes d’échec de Téo. On comprend que l’entreprise a voulu en faire trop, et trop rapidement. Un d’état d’esprit d’urgence, une peur de manquer l’opportunité. Un post mortem qui met en valeur l’importance de bien cibler ses efforts d’une part, et que l’échec n’est pas à craindre d’autre part. Jean-François Ouellet explique qu’en entrepreneuriat il faut d’abord y aller par itération, “fail early and fail fast”. Il faut également envisager tous les risques possibles et prévoir des contingences dans tous les cas qu’on identifie.

Le contexte économique dans lequel s’est développé Téo en est un très particulier où l’économie est entièrement du ressort du consommateur. Il y existe un “loop-hole” dans le cadre réglementaire qui encadre cette économie comme le soulève Alexandre Taillefer. Il fait en sorte par exemple que la rémunération n’est pas régulée de la même façon qu’ailleurs. Il est très clair pour messieurs Taillefer et Ouellet que la réglementation dans cette industrie doit être revue par les instances décisionnelles.

« Un des problèmes qu’on a aujourd’hui est qu’on est en train de ressentir les impacts d’une iniquité galopante qui s’est accentuée dans les vingt dernières années. » D’une part Alexandre Taillefer nous avertit face à ses iniquités, mais également donne un message d’espoir face aux consommateurs de demain qui émergent tranquillement dans l’écosystème économique. Un consommateur avec une conscience environnementale, qui cherche un produit équitable, et de qualité.

Design Thinking Jam 2020 – Arrêtons le Racisme systémique en Entreprise

Le 12 novembre prochain aura lieu la 3e édition du Design Thinking Jam Talsom.

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Qu’est-ce qu’un “Design Thinking Jam”?

Le Design Thinking Jam est une étape d’un projet global d’innovation sociale, visant à définir une réelle problématique, et trouver puis implanter une solution qui y répond.

Le “Jam” en tant que tel, porte sur les phases d’idéation et de prototypage d’une démarche complète de Design Thinking.

Design Thinking Jam 2020

Il consiste en un atelier de cocréation, aussi intensif que participatif, durant lequel plus d’une centaine de participants de différents horizons et qui vivant des réalités souvent bien différentes, y croisent leurs points de vue et mettent leurs connaissances en commun. Il répond également à la mission de Talsom de créer un impact positif à travers l’humain, l’innovation et la technologie.

Après avoir accompagné le Groupe communautaire L’Itinéraire dans le développement d’une nouvelle solution de paiement numérique pour ses camelots en 2018, puis Tel-Jeunes dans la création d’une nouvelle forme d’atelier afin de permettre à ses intervenants de mieux « connecter » avec les jeunes en 2019, Talsom réitère en 2020.

Fait intéressant, la première édition a d’ailleurs mené le Groupe communautaire L’Itinéraire et Talsom à gagner de nombreux prix.


 

2020 | La 3e edition du Design Thinking Jam

La 3e édition est organisée pour la Jeune Chambre de Commerce de Montréal, en partenariat avec le Groupe 3737 et La Maison d’Haïti et portera sur un enjeu qui a mobilisé l’ensemble de notre société pour un changement profond : le racisme systémique.

Présent dans un grand nombre des sphères de nos vies respectives, plusieurs études et des témoignages tendent à nous démontrer qu’il se manifeste également au sein de nos organisations, ajoutant une dimension impactante supplémentaire à la nécessaire transformation de notre société.

Donner un sens à cette transformation devient indispensable. Souvent inconsciente comme dimension, le racisme systémique crée une dette humaine qui à travers l’empathie, peut et doit être adressée au sein même de nos entreprises. L’innovation, le numérique ou la technologie de façon générale, peuvent-ils être dès lors des incubateurs à une approche, une solution, une façon de faire dans cette lutte contre le racisme systémique?

Le 12 novembre, ensemble, nous mobiliserons des gens racisés et la communauté d’affaires pour réfléchir à comment détecter et aborder le racisme systémique dans le but de trouver des leviers à la lutte contre celui-ci dans les organisations et au sein des milieux de travail. Une séance d’idéation unique en son genre, sous forme d’un atelier participatif, pendant laquelle une centaine de participants pourront contribuer et innover ensemble afin de trouver des solutions concrètes et exploitables rapidement, et ainsi avoir un impact réel.


 

Nos partenaires pour l’événement

Jeune Chambre de Commerce de Montréal

Site web : https://www.jccm.org

La Jeune Chambre de commerce de Montréal (JCCM) est un regroupement de cadres, professionnels, étudiants, entrepreneurs et travailleurs autonomes âgés de 18 à 40 ans. Fondée le 28 octobre 1931, elle compte aujourd’hui près de 1 600 membres, dont près de 150 bénévoles, ce qui fait d’elle la plus grande jeune chambre au monde. Grâce à une panoplie d’événements organisés chaque année, la JCCM est un lieu incontournable pour le développement de la relève d’affaires à Montréal. De plus, la JCCM compte sur l’appui de cinq grands partenaires qui ont à cœur la relève, soit BMO Groupe financier, Bell, CN, Énergir et la Ville de Montréal.

Pourquoi un partenariat avec la Jeune Chambre de Commerce de Montréal?

  • La démarche de Talsom envers un projet aussi ambitieux, se veut être modeste et humble.
  • Comprendre ce qu’est le racisme systémique en entreprise, comment le détecter pour en sensibiliser les employés, le tout dans un but ultime de l’éradiquer, ne se fera ni rapidement, ni facilement.
  • Mobiliser la communauté d’affaires nous semblait essentiel à la réussite de ce projet, et le faire porter par ceux et celles qui feront notre société de demain, une évidence.
  • La Jeune Chambre de Commerce de Montréal est aujourd’hui un partenaire non seulement solide pour mener à terme ce projet, mais aussi légitime de par la population qu’elle représente.

 

Maison d’Haïti

Site web : http://www.mhaiti.org/

La Maison d’Haïti est un organisme communautaire et culturel dédié à l’éducation et à l’intégration des personnes et des familles immigrantes ainsi qu’à la création et au développement de liens étroits avec la société d’accueil.

L’organisme a pour missions la promotion, l’intégration, l’amélioration des conditions de vie et la défense des droits des québécois d’origine haïtienne et des personnes immigrantes, ainsi que la promotion de leur participation au développement de la société d’accueil. Toutes ses interventions sont axées sur l’approche citoyenne qu’elle préconise. Sa finalité est d’outiller les participants afin de leur permettre de prendre la parole et de poser des gestes citoyens.

Les quatre champs d’action de la Maison d’Haïti pour ces populations sont l’éducation, les nouveaux arrivants, les jeunes et les femmes. Ces champs d’action se déploient à travers des activités, d’alphabétisation, d’insertion économique, sociale et culturelle, d’intégration des jeunes et de soutien scolaire et parental.

 

Groupe 3737

Site web : https://www.groupe3737.com/

Le Groupe 3737 est le plus grand incubateur / accélérateur en technologies avec le plus grand nombre d’entreprises et de startups en innovation dans le Nord-Est de Montréal. Ils concentrent leurs efforts sur l’innovation, développement et la formation en continue. Ils incubent plus de 30 entreprises incubées ayant créé plus de 150 emplois à hautes valeurs ajoutées dans le quartier Saint-Michel, l’un des plus pauvres au Canada.

Ils offrent aux entrepreneurs et startups une infrastructure d’envergure internationale leur permettant de passer de l’idéation à la réalisation et la commercialisation. À leurs programmes, les entrepreneurs peuvent accéder au financement, équipements, mentors, marketing et réseautage et au développement des affaires.

Ils ont aussi un laboratoire d’innovation pour assurer le succès dès le départ. Ils encouragent le partage, la collaboration et l’inclusion en favorisant les coalitions et l’échanges de service pour réduire les coûts et la complexité d’affaire.

Ils sont une structure de leadership avec des experts mondialement reconnus.


 

Inscription aux 2 panels

Format :

  • 100% virtuel (Utilisation de Zoom pour la vidéoconférence)
  • Nombre de participants : Illimité
  • 2 panels de 45 minutes
  • 3 invités par panel
  • La possibilité pour les participants de poser leur(s) question(s) à l’inscription à l’événement.

 

Inscription au Design Thinking Jam

Format :

 

Racisme systémique, milieu de travail et données

Ce billet s’inscrit dans une série de billets sur le racisme systémique en entreprise que nous publions en lien avec la 3e édition du Design Thinking Jam portée par la Jeune Chambre de commerce de Montréal en partenariat avec la Maison d’Haïti et le Groupe 3737, qui aura lieu le 12 novembre prochain.

Inscrivez-vous à l’événement LES PANELS : « Comprendre le racisme systémique pour savoir le détecter et pouvoir l’aborder au sein des entreprises« .

Dans notre 1er billet qui portait sur la définition du racisme systémique, nous souhaitions prendre l’angle « humain » et amener le lecteur à cheminer dans sa compréhension. Dans le présent billet, c’est l’angle « entreprise » que nous abordons, comme impact direct à l’angle « humain ».

Étude de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse

Il y a une dizaine d’années, une étude a été réalisée par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDDJ). Celle-ci se déroulait dans le marché de l’emploi montréalais et consistait à envoyer, en réponse à des offres d’emplois, 581 paires de curriculum vitae fictifs. Les CV étaient identiques dans leur contenu, sauf pour un aspect, celui des noms des candidats. Cette étude a permis de démontrer que la discrimination à l’embauche était une réalité à laquelle les populations autochtones et racisées devaient faire face. Les résultats ont mis en lumière qu’à compétence égale un candidat avec un nom comme Tremblay avait 60% plus de chances d’être convoqué à un entretien d’embauche qu’une personne avec un nom comme Tahoré ou Ben Saïd. À cette étude s’en sont ajoutées de nombreuses autres, mettant de l’avant les différentes formes de discrimination au sein des milieux de travail (contribuant par le fait même au racisme systémique), telles que la déqualification soit du niveau d’étude, soit de l’expérience de travail lorsque celle-ci n’est pas acquise au Canada.

Taux de chômage vs niveau de diplomation

Devant cette difficulté à trouver un emploi, il existe des taux de chômage plus élevés chez les personnes racisées vs non-racisées, tel que le démontrent les données recensées par Statistique Canada en 2016 indiquant qu’au Canada, le taux de chômage pour la population racisée était de 9,2% comparé à un taux de 7,3% pour les personnes non-racisées. Qui plus est, pour les femmes racisées ce taux était d’autant plus élevé à 9,6 %, tandis que les femmes non-racisées avaient un taux de chômage de 6,4%. Au Québec, l’écart était alors plus important, avec un taux de chômage de 11,7 %, représentant le double de celui des personnes non-racisées 6,6 %.

Ce que les chiffres ne disent pas, c’est que bien que plusieurs réussissent à obtenir des emplois, nous sommes en droit de nous poser la question si lesdits emplois sont à la hauteur de leurs compétences, ou ne serait-ce que dans leur domaine d’expertise, et sont rémunérés à leur juste valeur. Toujours selon Statistique Canada, les personnes racisées s’identifiant à la communauté noire ont un taux de diplomation postsecondaire qui est comparable au reste de la population, cependant les écarts de revenus sont encore importants, le graphique ci-joint le démontre bien. On parle de 27,5 % des femmes et 27,7% des hommes s’identifiant à la communauté qui avaient un diplôme post secondaire, vs 32,7 % de femmes et 26,7% d’hommes dans le reste de la population.

Le racisme systémique et la responsabilité sociale des entreprises

Un article publié dans le Havard Business Review intitulé How to Promote Racial Equity in the Workplace, l’auteur explique que pour être en mesure d’adresser correctement le racisme au sein des organisations, il est d’abord important de tous se mettre d’accord si c’est oui ou non un problème. Ensuite, établir quelle forme le racisme systémique prend, puis d’où il vient et déterminer la cause de sa prolifération1. Si on ne peut pas nier que le racisme systémique est en partie présent à différents degrés dans les milieux de travail, il existe encore des interrogations ne permettant pas d’aller chercher un consensus pourtant nécessaire. Néanmoins, selon une étude pancanadienne, 77% des personnes racisées ont témoigné avoir vécu des situations de micro-agressions ou de discrimination dues au racisme 2.

La certification B Corp comprend maintenant qu’il faut prôner et incarner un écosystème inclusif, qu’on ne peut se dire B Corp si toutes injustices, inégalités, ou discrimination que les personnes racisées vivent en moyenne plus que les personnes non-racisées continuent sans changement3. Il est maintenant de la responsabilité sociale des entreprises d’assurer un écosystème sain pour tous. De plus, plusieurs études s’entendent pour dire qu’il s’agit d’un atout concurrentiel que d’assurer une diversité au sein de son organisation.

Pourquoi le Design Thinking Jam par Talsom, sur le racisme systémique ?

L’élimination de la discrimination que vivent les personnes racisées sur le marché du travail débute par une compréhension approfondie des problématiques qu’elles vivent, par une idée claire et concrète de ce qu’est le racisme systémique, et par une appropriation de ses différentes manifestations. Talsom souhaite appliquer à travers la démarche entamée avec le Design Thinking Jam, sa propre mission portant sur le sens à donner à la transformation. Adresser le racisme systémique via les dimensions humaines et technologiques de la transformation, tout en gardant un objectif de durabilité et d’innovation, nous semble à propos et efficient. Il est important de comprendre que le Design Thinking Jam est une étape d’un processus déjà commencé, qui se poursuivra par la suite. Celui-ci permettra à la Jeune Chambre de Commerce de Montréal de proposer une solution basée sur l’empathie pour les entreprises qui voudront comprendre, pour sensibiliser et ultimement amener le racisme systémique sur son déclin.

Comprendre le racisme systémique et ses composantes

Ce billet s’inscrit dans une série de billets sur le racisme systémique en entreprise que nous publions en lien avec la 3e édition du Design Thinking Jam portée par la Jeune Chambre de commerce de Montréal en partenariat avec la Maison d’Haïti et le Groupe 3737, qui aura lieu le 12 novembre prochain.

Inscrivez-vous ici : https://www.eventbrite.ca/e/125662390593

Comprendre (pour mieux définir) le racisme systémique semble être un défi en soi. Si les derniers mois nous ont appris quelque chose, c’est bien qu’il n’y a pas de consensus autour de sa définition ou de sa compréhension. De plus, il semble exister un enjeu dans le fait d’admettre que le racisme systémique est une réalité dont le Québec ne se sauve pas, malgré toutes ces bonnes intentions.


 

Le racisme systémique: c’est quoi?

Il est d’abord important de ne pas confondre « systémique » avec « systématique ».

« Systématique » poserait la question à savoir si tous les Québécois.e.s sont ou ne sont pas racistes. Là n’est pas la question de ce billet.

Le terme « systémique » parle plutôt d’une structure qui se perpétue dans le temps et dont la contribution à ce système est bien souvent inconsciente. En 2019, la Commission des droits de la personne et de la jeunesse a présenté la définition suivante :

Une production sociale d’une inégalité fondée sur la race dans les décisions dont les gens font l’objet et les traitements qui leur sont dispensés. L’inégalité raciale est le résultat de l’organisation de la vie économique, culturelle et politique d’une société. Elle est le résultat de la combinaison de ce qui suit : la construction sociale des races comme réelles, différentes et inégales (racialisation); les normes, les processus et la prestation des services utilisés par un système social (structure); les actions et les décisions des gens qui travaillent pour les systèmes sociaux (personnel)1.

Dans cette définition, on comprend qu’il existe trois composantes :

  • La composante de racialisation ;
  • La composante structurelle ;
  • La composante personnelle.

 

Composante de racialisation

Basée sur cette idée qu’il y aurait une « race » dominante biologiquement, cette conception « pseudo scientifique » datant de l’époque coloniale a été invalidée il y a longtemps. En revanche, elle a permis aux empires coloniaux pendant des siècles de justifier leur mission «civilisatrice». L’une des principales manifestations du racisme au sein de cette structure est la discrimination raciale. Celle-ci peut être opérée par une personne, un groupe ou une organisation en position de pouvoir sur les personnes racisées et les personnes autochtones.


 

Composante structurelle

Cette composante réfère au système social nourrissant un principe d’oppression, qui se perpétue dans le temps et dans les nombreuses sphères de la société. Le racisme systémique n’est donc pas l’affaire d’un seul secteur. Ce système engendre des inégalités dans de nombreux domaines, notamment ceux du travail, de la santé, de la justice, de la sécurité, de l’éducation, et du logement. Ces inégalités portent des atteintes directes aux droits des personnes racisées. Cette structure ne contribue pas nécessairement de façon consciente à perpétuer le racisme systémique, mais a été construite d’une façon qui ne considérait pas forcément les réalités différentes et inégalités existantes dans la société. La conséquence étant que plutôt que d’aider tous et chacun à évoluer de façon équitable, elle creuse de plus en plus certaines inégalités, engendrant par le fait même différentes formes de discrimination.


 

Composante personnelle

Cette composante qui porte sur l’aspect personnel et individuel, met de l’avant qu’il existe des individus qui contribuent à ce système. Cette contribution, qu’elle soit consciente ou inconsciente, agit comme facilitateur à la pérennisation et prolifération du racisme systémique.

Selon la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, le racisme systémique est en fait le résultat de l’interrelation et de l’influence entre ces trois composantes. Il y a des structures auxquels des individus contribuent, ce qui crée un phénomène de racisation, qui vient ensuite assurer la pérennité et la reproduction du racisme systémique dans toute la société, et ce de façon temporelle et intersectorielle. Lutter contre celui-ci commence donc par prendre conscience de ces trois composantes, et par les affronter simultanément. Ce n’est cependant pas le combat d’une seule personne, et celui-ci commence par une prise conscience et une rééducation.


 

Pourquoi est-ce que Talsom parle de racisme systémique?

La mission de Talsom est de créer un impact positif à travers l’humain, l’innovation et la technologie. Le Jam est une session d’idéation qui s’inscrit dans un projet d’innovation social qui utilise le Design Thinking comme méthodologie. Ce n’est qu’une infime portion du projet que nous faisons chaque année. Nous accompagnons un organisme ou une association de bout en bout et le Jam est une moyen pour accélérer la phase d’idéation tout en sensibilisant la population à la cause qui est au cœur du projet. L’objectif est de trouver collectivement par la collaboration une façon de répondre au complet ou en partie à ce défi social au sein des entreprises. C’est par une démarche d’empathie et de prise conscience que nous souhaitons mobiliser la communauté des affaires, la société civile, les OBNLs et les organismes publics pour, ensemble, répondre au racisme systémique et donner la possibilité aux entreprises québécoises de se doter des outils nécessaires pour pouvoir intervenir en entreprise.

Notre série de 3 « OpenMic », en collaboration avec LaPresse

En partenariat avec LaPresse, Talsom à le plaisir de vous présenter une série de 3 OpenMic

 


 

Accès rapide aux 3 OpenMics

#1 « L’innovation dans les modèles d’affaires – Retour sur Téo Taxi »
#2 « L’importance des logiciels d’affaires dans le cadre d’une transformation numérique »
#3 « Le succès de votre transformation d’entreprise repose en grande partie sur la gestion du changement que vous ferez – Un retour sur LaPresse+ »


 

Qu’est-ce qu’un OpenMic ?

C’est tout simplement la version virtuelle de la formule classique du « panel ». Un animateur, des panélistes experts, un sujet de discussion, un public qui pose des questions.

Pourquoi LaPresse comme partenaire ?


LaPresse est un média très proche des décideurs en entreprise, de ceux qui font de la transformation numérique une priorité pour les années à venir. Il est naturel pour Talsom de générer une valeur ajoutée à travers du contenu de qualité avec LaPresse.


 

Notre série de OpenMics

 

#1 | « L’innovation dans les modèles d’affaires – Retour sur Téo Taxi »

Quand ? 28 octobre – 12H00 à 13H00
Pour participer, veuillez vous inscrire ici  : OpenMic #1

Au micro de Stéphane Ricoul, nos invités vous présenteront leur analyse de la place que peut (ou doit) prendre l’innovation dans la transformation des modèles d’affaires, et de l’importance que peut avoir l’écosystème dans lequel évolue l’entreprise. Ils répondront également à vos questions.

Nos panélistes


Jean-François Ouellet, PhD, MBA
Professeur agrégé, Département d’entrepreneuriat & Innovation, HEC Montréal, Canada | Chief Economist, Creative Destruction Lab Montreal | Administrateur d’entreprises indépendant

Avant d’entreprendre une carrière académique en tant que professeur de marketing, d’innovation et d’entrepreneuriat à HEC Montréal, Jean-François Ouellet a d’abord été entrepreneur, fondant sa première entreprise – les Produits JV, une petite organisation manufacturière oeuvrant dans les sacs d’écoles et étuis à crayons – dès l’âge de 16 ans. À 21 ans, il devient co-actionnaire et Chef du Marketing de LYRtech, une entreprise de haute technologie qui fait son entrée à la bourse canadienne de croissance en 2000. Toujours actif comme entrepreneur, il a plus récemment co-fondé des entreprises actives dans les objets connectés et l’intelligence artificielle appliquée à la gestion de l’eau ainsi qu’aux plates-formes de marché.

En tant que professeur, Jean-François Ouellet s’intéresse au comportement des consommateurs et des investisseurs ainsi qu’à la stratégie marketing et entrepreneuriale. Il a publié ses travaux dans certains des meilleurs journaux académiques, dont le Journal of Marketing et le Journal of Product Innovation Management en plus d’avoir présenté ses travaux dans certains des congrès scientifiques internationaux les plus influents, dont Advances in Consumer Research.

Jean-François Ouellet a complété un post-doctorat au Massachusetts Institute of Technology et demeure hyperactif sur la scène d’affaires montréalaise, à la fois comme conférencier, chroniqueur ou animateur télé, auteur de livres d’affaires et directeur de programmes internationaux d’accélération entrepreneuriale.


Alexandre Taillefer
Associé principal, depuis 2011, au Fonds XPND, un fonds d’investissement dans les entreprises du secteur de l’électrification des transports, des technologies, des médias et du divertissement disposant de près de 100 millions, Alexandre Taillefer a été l’instigateur de nombreux projets d’affaires qui ont été importants pour le Québec, dont Nurun, Hexacto, Stingray et Téo Taxi.

Il siège sur de nombreux conseils d’administration notamment ceux du Panier Bleu, de Behaviour, de Direxyon et de la Compagnie Électrique Lion.  Il est président des conseils d’administration du Musée d’Art Contemporain de Montréal et du service de vélopartage Bixi.

Il est connu du grand public pour sa participation à l’émission Dans l’œil du Dragon, pour ses chroniques publiées dans le magazine Voir et dans La Presse et pour sa participation quotidienne à l’émission de radio numéro un à Montréal animée par Paul Arcand.

Alexandre Taillefer a reçu en 2017 un doctorat honoris causa de l’École des Sciences de la Gestion de l’UQAM.


 

#2 | « L’importance des logiciels d’affaires dans le cadre d’une transformation numérique »

Quand ? 11 novembre – 12H00 à 13H00
Pour participer, veuillez vous inscrire ici  : OpenMic #2

Au micro de Stéphane Ricoul, nos invités s’entretiendront avec nous sur la transformation numérique au-delà du buzzworld. On en parle beaucoup, mais qu’en est-il exactement ? Comment réussir à faire comprendre qu’au-delà du site Web transactionnel, les logiciels d’entreprises requièrent une importance fondamentale. Si la demande augmente, les choses ont-elles changé pour autant ? Ils répondront également à vos questions.

Nos panélistes


Alix Muller | Fidélio
À titre de Président fondateur de Commsoft Technologies, Alix Muller a accumulé plus de 20 années d’expérience en direction, développement, supervision et en intégration de systèmes informatiques. Il est titulaire d’une Maîtrise en Administration des Affaires obtenue à l’Université de Sherbrooke et est récipiendaire du Prix de la Relève Excellence HEC 2008 catégorie « entrepreneur ».

Après plus de 20 ans à perfectionner son produit phare l’ERP Fidelio, Alix Muller et son équipe de 60 employés accélèrent en 2020 le virage numérique des PME en proposant désormais sa solution de gestion sous forme infonuagique (Cloud).


Martin McNicoll | Gurus
Gestionnaire ayant plus de 20 années d’expérience dans le domaine de la consultation. Présentement, président de GURUS Solutions, une firme de conseiller en système d’information dont la mission est de simplifier les opérations des entreprises à l’aide des technologies cloud. Martin est auteur de « Scale Up your Business with Cloud Technology, A Practical Guide to Building a Future-Proof Enterprise »


Patrik Chavarie, CPA, CMA | Thinkmax
Le parcours professionnel de Patrik a été marqué par sa quête inlassable d’idées novatrices et sa passion pour l’amélioration des processus et des méthodes pour stimuler la croissance rentable des entreprises. Au cours de sa carrière, Patrik a occupé des postes de direction et de gestion dans divers secteurs, notamment la fabrication, la distribution, la finance, les technologies de l’information et le service-conseil. Son sens aigu des affaires, sa profonde perspicacité et sa capacité à créer des plans d’action l’ont aidé à constituer des équipes performantes aptes à supporter les entreprises dans leurs projets de transformation numérique. À titre de vice-président chez Thinkmax, Patrik est responsable de la satisfaction de la clientèle, du développement des affaires et des alliances stratégiques.


Pascale Ouimet | BeyondTechnologies
Pascale Ouimet est responsable des activités pré-ventes de Solutions Beyond Technologies. À ce titre, elle gère une équipe de consultants qui a pour mission de proposer les meilleures solutions et services pour répondre aux attentes de chaque client. Préparation d’appels d’offres, démonstrations clients, propositions de migration, projets d’amélioration et soutien aux forces de vente, l’équipe pré-ventes de Solutions Beyond Technologies s’efforce à apporter une forte valeur ajoutée à chacun de ses livrables. Forte d’une expérience de plus de 20 ans dans les pré-ventes et ventes SAP avec différentes responsabilités (consultante, chargée de comptes, gestionnaire de projet, directrice pré-ventes), elle est également reconnue pour la valeur qu’elle apporte aux cycles de vente et pour ses capacités de leadership. De plus, l’expérience en génie industriel de Pascale lui permet de trouver des solutions qui améliorent et simplifient les processus d’affaires de ses clients.


 

#3 | « Le succès de votre transformation d’entreprise repose en grande partie sur la gestion du changement que vous ferez – Un retour sur LaPresse+ »

Quand ? 25 novembre – 12H00 à 13H00
Pour participer, veuillez vous inscrire ici  : OpenMic #3

Au micro de Stéphane Ricoul, nos invités s’entretiendront avec nous sur le rôle que la gestion du changement à réellement joué dans le cadre de la profonde et complète transformation de LaPresse. Que ce soit du côté de l’équipe numérique qui a piloté le projet, ou que ce soit du côté des ressources humaines qui ont dû le faire accepter. Un profond changement de culture tenant sur une ligne extrêmement mince. Ils répondront également à vos questions.

Nos panélistes


Lyne Lamothe | Chef de la direction, Talent, Groupe Cirque du Soleil
Depuis les 25 dernières années, Lyne Lamothe prône avec enthousiasme une vision pragmatique des ressources humaines. En mettant l’accent sur le pouvoir des communications engageantes, elle veille à trouver un véritable équilibre entre le talent et la création de valeur pour les entreprises. Gestionnaire chevronnée, elle a guidé de nombreuses entreprises à travers des périodes critiques de transformation organisationnelle, y compris des fusions et acquisitions. Que ce soit dans l’industrie manufacturière (Saputo Canada), des médias (La Presse) ou de la mode (Liz Claiborne), Lyne dirige avec passion les stratégies de gestion du changement pour assurer la croissance des entreprises, tout en maintenant une culture exceptionnelle auprès des employés. Depuis 2018, elle a le bonheur de faire quelque chose de tout à fait unique au Groupe Cirque du Soleil. Son rôle aujourd’hui est d’invoquer l’imagination, de provoquer les sens et d’évoquer les émotions des Circassiens à travers le monde.


Jean-Marc De Jonghe | Vice-président, Stratégie et Produits numériques à La Presse
Vice-président, Stratégie et Produits numériques à La Presse depuis 2010,  Jean-Marc De Jonghe est l’un des maîtres d’œuvre de l’application pour tablettes La Presse+ et de la nouvelle application mobile de La Presse. Innovateur, stratégique et ardent défenseur du mode de gestion «agile», Jean-Marc est au cœur de la recherche d’un nouveau modèle d’avenir numérique, voire économique pour La Presse.